Les limites et risques de la méthode traditionnelle
Des réactions imprévisibles selon la sensibilité du chien
Les chiens ne sont pas des robots. Certains, dociles ou peu sensibles au contexte, peuvent supporter sans broncher une éducation rude. Mais nombre d’entre eux, souvent les plus intelligents ou sensibles, vont développer des stratégies d’évitement, de peur ou d’opposition. Plutôt qu’un apprentissage durable, on obtient alors de la méfiance, voire de l’agressivité (Blackwell et al., 2008).
- Déclenchement de comportements agressifs en réponse à la peur ou à la douleur : morsures, grognements, fuite.
- Blocages émotionnels ou inhibition : le chien devient amorphe, « éteint » (syndrome de résignation acquise Source : Seligman, 2005).
- Troubles secondaires : anxiété, peur des humains, automutilation, troubles digestifs, etc.
Chiots, chiens âgés ou chiens au passé difficile : des publics à protéger
Les chiots sont particulièrement vulnérables à la brutalité éducative. Leurs phases de développement sont critiques : une mauvaise expérience, une grosse frayeur dans l’enfance, et ce sont des troubles comportementaux qui risquent d’apparaître à l’âge adulte (Lord et al., 2016).
Même logique pour les chiens âgés ou fragiles : leur capacité d’apprentissage dépend d’un climat de confiance, de motivation et de sécurité.
Mention spéciale pour les chiens « rescapés » ou issus de conditions difficiles : appliquer une méthode coercitive sur un animal qui a perdu confiance en l’humain peut ancrer, ou accentuer, des mécaniques de défense, parfois irréversibles.
Le mythe de la hiérarchie de meute : quand la science dément les croyances
L’idée selon laquelle il existerait une stricte hiérarchie de meute, où le chien chercherait sans cesse à « dominer » son humain, a été battue en brèche par les plus grands spécialistes du loup… et du chien. Les chiens, par leur domestication, ont développé des codes sociaux propres, basés beaucoup plus sur la collaboration que sur la compétition (Bradshaw, 2011).
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L’expression « être le chef de meute » apparaît non pertinente pour structurer efficacement la relation et l'éducation du chien.
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De nombreuses études (Bradshaw, Mech) affirment que récompenser les bons comportements est beaucoup plus efficace et durable que de punir les mauvais.